En bref
- La RE2020 encadre la réglementation environnementale pour la construction neuve en France, en visant une performance énergétique renforcée et une empreinte carbone plus faible.
- Elle introduit des plafonds d’émissions de CO₂ par m² et des indicateurs comme le Bbio, le Cep, et le DH pour préparer les bâtiments au climat et à l’usage réel.
- Les règles évoluent jusqu’en 2031 et encouragent l’usage de matériaux écologiques et de systèmes performants (pompes à chaleur, énergie renouvelable).
- À partir de 2026, les professionnels ajustent leurs pratiques en privilégiant l’isolation thermique et des méthodes de construction faiblement carbonées.
résumé
La réglementation RE2020 redéfinit les exigences pour la construction neuve en s’orientant vers la performance énergétique et la réduction de l’empreinte carbone. En 2026, les acteurs du bâtiment s’attachent à maîtriser les indicateurs clés tels que le Bbio, le Cep et le DH, tout en privilégiant des matières écologiques et des systèmes efficaces comme les pompes à chaleur et les solutions solaires. L’objectif est de produire des bâtiments basse consommation capables de résister aux canicules croissantes, tout en limitant l’usage de ressources fossiles et en simplifiant les démarches administratives autour des permis de construire. Cette approche s’inscrit dans une démarche de développement durable et d’impact environnemental maîtrisé sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment.
RE2020: comprendre les objectifs et les indicateurs clés pour une construction neuve performante
Depuis son entrée en vigueur le 1er janvier 2022, la RE2020 coiffe les règles après la RT2012 et se structure autour de trois objectifs majeurs: réduire la consommation d’énergie des logements neufs, favoriser les sources d’énergie durables, et préparer les logements au réchauffement climatique. Dans le cadre, trois axes se déploient progressivement jusqu’en 2031, avec des seuils qui s’abaisseront au fil du temps pour laisser les acteurs s’adapter et maîtriser les coûts. Cette évolution s’applique aussi, progressivement, à certains bâtiments non résidentiels.

Objectif n°1 : logement neuf et énergie
Le premier axe vise à ne pas gaspiller l’énergie et à privilégier des sources durables et performantes. Le Bbio (besoin bioclimatique) est un indicateur central qui évalue l’énergie nécessaire pour maintenir une température agréable, en tenant compte de l’isolation, de l’orientation et des apports solaires. Le Bbio intègre aussi un volet « Bbio froid » pour anticiper les surchauffes estivales. Sur le plan des émissions, des plafonds de CO₂ par m² et par an sont imposés et évoluent jusqu’en 2031 selon le type de logement. Les énergies fossiles (gaz, fioul, charbon) seront progressivement remplacées, avec une interdiction croissante dans les logements neufs à partir de 2025, sauf exceptions liées à des permis antérieurs et à des desservisions existantes. En parallèle, un seuil maximal d’énergie primaire non renouvelable est imposé, imposant une combinaison de sources d’énergie durables selon les projets.
- Bbio mesure le besoin énergétique lié à l’isolation et à l’orientation, avec une attention particulière à la surchauffe estivale (Bbio froid).
- Plafonds d’émissions CO₂ (kgCO₂/m²/an) selon le type de logement et une réduction progressive jusqu’en 2031.
- Évolution des énergies utilisées: interdiction progressive des fossiles et privilégier les solutions comme les pompes à chaleur et les systèmes électriques performants.
Pour approfondir les choix énergétiques et les systèmes, vous pouvez consulter ce guide sur le choix des systèmes ECS et leur consommation et les avantages d’une VMC hygro-régulable efficace.
Objectif n°2 : des logements propres dès la construction
Étant donné que la phase de construction génère une partie importante des émissions, la RE2020 intègre l’Analyse en Cycle de Vie (ACV) comme indicateur clé. Pour chaque chantier, un seuil maximal d’émissions est fixé, sumant les impacts des matériaux et des procédés ainsi que ceux liés à la vie sur le site (machines, base de vie). Cette approche privilégie une démarche axée sur les résultats et la réduction des émissions tout au long du cycle de vie, plutôt que sur les choix techniques imposés. L’objectif affiché est une baisse d’au moins 30 % des émissions liées à la construction d’ici 2031, avec des seuils qui se resserrent progressivement pour permettre l’adoption de nouvelles méthodes et matériaux.
- Maison individuelle: seuil ACV 2022 ≈ 640 kgCO₂/m²/an, révisé à ≈ 415 kgCO₂/m²/an d’ici 2031.
- Immeubles collectifs: seuil ACV 2022 ≈ 740 kgCO₂/m²/an, descendant à ≈ 490 kgCO₂/m²/an d’ici 2031.
Des choix judicieux en isolation, ventilation et matériaux peuvent contribuer à atteindre ces objectifs tout en optimisant les coûts et le confort. Pour des solutions adaptées, pensez à des éléments comme une VMC hygro-régulable et des matériaux écologiques optimisés pour le cycle de vie du bâtiment.
Pour aller plus loin sur les pratiques propres à la construction et les solutions techniques associées, découvrez une VMC hygro-régulable efficace et des extensions isolées et peu énergivores.
Objectif n°3 : des logements adaptés au réchauffement climatique
Les épisodes de canicule se multiplient et les bâtiments doivent être capables d’assurer un confort thermique sans dépendre excessivement de la climatisation. Le Degré Heure (DH) est l’indicateur clé pour mesurer la résistance d’un logement aux fortes chaleurs: il combine le nombre d’heures au‑dessus des seuils (28°C le jour, 26°C la nuit) et l’écart entre la température simulée et ces limites. Pour les logements neufs, le DH doit se situer entre 350 et 1250 heures-jour; l’objectif est d’atténuer les pics de chaleur tout en limitant les consommations énergétiques liées au refroidissement. La conception intègre l’orientation, l’ensoleillement, l’épaisseur de l’isolation et les vitrages adaptés pour limiter les surchauffes. Des choix comme l’intégration de protections solaires et de vitrages à haut coefficient solaire (SW) entrent dans les préconisations de la RE2020.
Des exemples concrets montrent que des configurations optimisées peuvent améliorer significativement le confort estival sans augmenter artificiellement la facture énergétique. Pour des exemples d’aménagement et de façades adaptées au climat, on peut consulter des cas comme les maisons semi-enterrées confortables et les extensions isoles faibles en énergie.
En pratique, la RE2020 invite à une approche intégrée du bâtiment: isolation renforcée, choix de matériaux écologiques, ventilation adaptée et énergie renouvelable. Pour approfondir les aspects concrets, reportez-vous à des ressources dédiées à la performance énergétique, à l’empreinte carbone du secteur et au développement durable.
- Renseignez-vous sur les coefficients solaires et les choix de vitrage grâce au guide sur le SW des vitrages.
- Consultez les propositions d’équipements et de procédés pour une construction basse consommation et respectueuse de l’environnement.
- Pour des exemples pratiques, découvrez des configurations comme une maison semi-enterrée confort et des extensions isolées et peu énergivores.




